Pendant longtemps, une étude de couverture Wi-Fi en entreprise consistait essentiellement à travailler sur deux bandes : 2,4 GHz et 5 GHz.
Ce n'est plus forcément suffisant.
Avec le Wi-Fi 6E puis le Wi-Fi 7, la bande 6 GHz fait désormais partie des sujets à considérer lors de la conception d'une nouvelle infrastructure.
Même lorsque le parc de terminaux actuel l'utilise encore peu.
Pourquoi s'intéresser au 6 GHz maintenant ?
Une infrastructure Wi-Fi professionnelle n'est généralement pas installée pour deux ans.
Lorsqu'une entreprise renouvelle plusieurs dizaines ou centaines de points d'accès, elle construit une architecture qui restera probablement en production pendant plusieurs années.
Or le renouvellement des terminaux peut être beaucoup plus rapide.
Les nouveaux PC, smartphones et équipements compatibles Wi-Fi 6E ou Wi-Fi 7 peuvent progressivement exploiter le 6 GHz.
Concevoir aujourd'hui une infrastructure sans se demander comment elle se comportera sur cette bande peut donc conduire à devoir corriger certains choix quelques années plus tard.
Le 6 GHz apporte surtout de l'espace radio
L'intérêt principal est évident : disposer de beaucoup plus de spectre que sur les bandes historiques.
Cela permet notamment d'envisager davantage de canaux et de réduire certaines contraintes de réutilisation des fréquences.
Dans les environnements à forte densité, c'est particulièrement intéressant.
Mais attention : davantage de spectre disponible ne signifie pas que toutes les contraintes radio disparaissent.
La propagation n'est pas exactement la même
Plus la fréquence augmente, plus les pertes de propagation et l'atténuation par certains obstacles peuvent devenir importantes.
Un mur, une cloison technique, du béton ou certains vitrages peuvent avoir un impact différent selon la fréquence.
Une implantation d'AP parfaitement adaptée à la couverture 2,4 ou 5 GHz ne garantit donc pas automatiquement une couverture 6 GHz équivalente.
C'est un point particulièrement important lors d'une simulation prédictive.
Il faut modéliser correctement les matériaux et analyser séparément les différentes bandes.
Le 6 GHz peut changer la manière de concevoir
Prenons une infrastructure historiquement conçue principalement pour assurer un certain niveau de couverture en 2,4 GHz.
Les cellules radio peuvent être relativement grandes.
Lorsqu'on commence à raisonner en 5 puis en 6 GHz avec des objectifs de capacité, de mobilité et de couverture secondaire, l'implantation optimale des AP peut devenir différente.
Cela ne signifie pas nécessairement qu'il faut installer beaucoup plus de points d'accès.
Cela signifie qu'il faut dimensionner le réseau à partir des objectifs réels.
Et pas uniquement reproduire l'implantation historique.
Tous les terminaux n'utiliseront pas le 6 GHz
C'est également un point essentiel.
Pendant plusieurs années, les infrastructures devront gérer simultanément des clients :
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2,4 GHz ;
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5 GHz ;
-
6 GHz.
Certains équipements IoT resteront probablement longtemps en 2,4 GHz.
Des terminaux professionnels continueront d'utiliser le 5 GHz.
Les équipements les plus récents pourront exploiter le 6 GHz.
La conception doit donc rester cohérente sur l'ensemble des bandes.
Le 6 GHz ne remplace pas immédiatement le 5 GHz.
Il vient compléter l'architecture radio.
Faut-il donc systématiquement faire une étude 6 GHz ?
Pour un réseau destiné à être remplacé rapidement et composé exclusivement de terminaux anciens, l'intérêt peut être limité.
En revanche, pour une nouvelle infrastructure Wi-Fi professionnelle prévue pour plusieurs années, je recommande au minimum de prendre le 6 GHz en compte dès la conception.
Même lorsque son activation complète n'est pas prévue immédiatement.
Cela permet notamment de vérifier :
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la couverture prévisionnelle ;
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l'impact des matériaux ;
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la densité d'AP ;
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les zones nécessitant une couverture secondaire ;
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les largeurs de canaux envisageables ;
-
l'évolution future du parc client.
Une étude de couverture Wi-Fi permet justement de tester ces hypothèses avant le déploiement.
C'est beaucoup moins coûteux que de découvrir après installation que l'architecture choisie ne répond pas aux futurs besoins.
Et sur un réseau existant ?
Le raisonnement est différent.
Avant de décider qu'un site doit migrer vers le 6 GHz, il faut comprendre l'existant.
Quels terminaux sont compatibles ?
Quels usages en bénéficieraient réellement ?
Quelle est la densité actuelle ?
Quelles sont les contraintes radio ?
L'infrastructure filaire et les alimentations PoE sont-elles adaptées aux nouveaux AP ?
Il ne faut pas déployer une technologie simplement parce qu'elle est disponible.
Elle doit répondre à un besoin.
En conclusion
Le 6 GHz n'est pas encore indispensable pour tous les environnements.
Mais pour une infrastructure Wi-Fi professionnelle installée aujourd'hui et destinée à fonctionner plusieurs années, ne pas l'étudier du tout devient difficile à justifier.
L'objectif n'est pas nécessairement d'activer immédiatement du 6 GHz partout.
L'objectif est de s'assurer que l'architecture conçue aujourd'hui ne deviendra pas une contrainte demain.
Une étude de couverture n'est pas seulement destinée à vérifier si le Wi-Fi fonctionnera le jour de l'installation.
Elle doit aussi permettre d'anticiper ce que le réseau devra supporter pendant sa durée de vie.
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